Sous la pression internationale le Rwanda libère l’avocat Peter Erlinder
L'avocat américain Peter Erlinder (G) salue Victoire Ingabiré (D), candidate à la présidentielle au Rwanda. Kigali le 14 juin 2010.
L'avocat américain Peter Erlinder (G) salue Victoire Ingabiré (D), candidate à la présidentielle au Rwanda. Kigali le 14 juin 2010.
Photo : Hez Holland / Reuters
Par RFI

Peter Erlinder, l'avocat américain accusé de négation de génocide au Rwanda a été libéré, jeudi 17 juin pour raisons de santé. Il était retenu depuis le 28 mai dernier à Kigali, où il était venu défendre l'opposante Victoire Ingabire. Il est désormais libre de rentrer aux Etats-Unis, à la seule condition de laisser une adresse au Rwanda afin que la justice puisse le contacter, si nécessaire.

 

 
Les pressions s'étaient accentuées au fil des jours et elles ont manifestement convaincu le régime de Kigali de faire machine arrière. A Washington les partenaires américains ont réclamé expressément la libération de Peter Erlinder. Mercredi 16 juin, c'est le Tribunal pénal international pour le Rwanda, sur conseil des Nations unies, qui demandait à ce que l'avocat américain soit relâché. Le TPIR A fait valoir que M. Erlinder bénéficiait, en tant qu' avocat auprès du tribunal, d'une immunité.

 

Certains observateurs voient en fait derrière cette affaire une tactique politique de Kigali. Le président Kagamé aurait cherché à tester au sein de l'administration américaine le rapport de force entre ceux qui continuent de le soutenir et ceux qui critiquent de plus en plus durement son régime jugé autocratique.

 

Des éléments appuient cette thèse. Pourquoi en effet avoir arrêté Peter Erlinder cinq jours après son arrivée à Kigali ? Une expulsion dès son entrée au Rwanda aurait permis d'éviter les turbulences et surtout la mobilisation que suscite ce type d'affaire. Le gouvernement rwandais a voulu s'attaquer à un avocat qui lui est très hostile. En avril dernier Peter Erlinder a porté plainte aux Etats-Unis contre Paul Kagamé, l'accusant d'avoir ordonné la destruction de l'avion à bord duquel se trouvaient le président Habyarimana et son homologue burundais. Aujourd’hui Kigali a choisi de libérer quasiment sans condition l'avocat américain.