Carla Del Ponte aurait préféré garder le poste au TPIR plutôt qu'au TPI
ARUSHA (Tanzanie), 11 sept (AFP) - Carla
Del Ponte aurait préféré conserver le poste de procureur au Tribunal pénal
international pour le Rwandaplutôt que celui au Tribunal pénal international
pour l'ex-Yougoslavie (TPI), a-t-elle déclaré à l'agence Hirondelle.
"J'aurais pu choisir le TPIR parce que j'avais un défi: les enquêtes spéciales.
Mais je n'ai pas pu choisir", a déclaré Mme Del Ponte lors d'un entretien
mercredi à l'agence de presse Hirondelle basée à Arusha (Tanzanie), où siège
le TPIR.
Dans la terminologie du TPIR, les enquêtes spéciales sont celles qui portent
sur les exactions qui auraient été commises par des éléments de l'ancienne rébellion
du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui au pouvoir).
L'Onu a mis un terme fin août au cumul des fonctions de procureur du TPI et du
TPIR, pour des raisons d'efficacité, selon une recommandation du secrétaire général
des Nations unies, Kofi Annan. Ce poste était jusqu'alors occupé par Mme Del
Ponte.
Le Conseil de sécurité de l'Onu a ensuite nommé, début septembre, la
Suissesse Carla Del Ponte procureur du TPI et le Gambien Hassan Bubacar Jallow
procureur du TPIR.
Interrogée sur l'état d'avancement de ces enquêtes spéciales, Mme Del Ponte
a précisé que son bureau "a pas mal d'actes d'investigation, d'actes
d'enquêtes, naturellement en dehors du Rwanda".
"La non-coopération du gouvernement rwandais rend difficile de pouvoir
terminer ces enquêtes", a-t-elle regretté, soulignant avoir connu
"des frustrations" en raison de l'attitude de Kigali.
"Ce sera un des problèmes pour le nouveau procureur", a-elle estimé.
"Mon successeur a un mandat spécifique du Conseil de sécurité de porter
à terme ces enquêtes", s'est-elle cependant réjouie, en rappelant que
"dans la résolution du Conseil de sécurité (dédoublant la charge de
procureur du TPIR et du TPI), vous avez la mention explicite de ces enquêtes spéciales".
Le TPIR a été créé en novembre 1994 pour juger les principaux responsables
du génocide au Rwanda, qui a fait près d'un million de morts, essentiellement
des Tutsis et des Hutus modérés, selon Kigali.