KOUCHNER avuze akarimurori. Amennye amabanga y'ingoma ya FPR
 Par DAvis KARAMAGE
 
Koushner arabivuze byose. Bakwije abaturage mu mabarabara kandi Roza yarahagurutse ajyiye kwifungisha nkana. Bafunze ambassade y'u Budage ari ikinamico nk'iry'ijoro ry'uwa kane ukwakira 1990. Imana izababaza byinshi. Bapfushije amafaranga ubusa mu myigaragambyo y'akadasoba ngo bahohotewe kandi ari ikinamico barimo. Imana izababaza byinshi kandi ntizatinda.
Davis
 
 
N.O.- Votre cabinet a-t-il tenté, comme l’affirme Pierre Péan, de faire obstacle à l’enquête du juge Bruguière, sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide. Cela dans le but de renouer avec le pouvoir rwandais.

B. Kouchner.- Non, nous n’avons jamais fait obstacle à cette enquête. Les Rwandais nous ont demandé la levée des mandats d’amener émis, avant que nous n’arrivions, par le juge Bruguière contre leurs compatriotes. Nous leur avons dit que ce n’était pas possible. La justice est indépendante. Un groupe de travail composé de juristes a indiqué que, si les Rwandais voulaient avoir accès au dossier, l’un des 9 inculpés au moins devait se rendre à la justice française. Ce que l’ancien directeur du protocole de Kagamé, Rose Kabuye, a fait. (Nouvel observateur du 04 feb 2009)
 

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Bernard Kouchner LE MONDE SELON K."

Bernard Kouchner : "Ce que j’ai à dire…"
NOUVELOBS.COM | 04.02.2009 | 10:44

Américanolâtrie, relations discutables avec le régime rwandais, rapport contesté sur la Birmanie, juteux contrats de conseiller avec des Etats africains, soupçons de conflit d’intérêt entre ses fonctions et celles de son épouse, Christine Ockrent, patronne de l’Audiovisuel extérieur de la France : sur tous ces points et soupçons, le ministre des Affaires étrangères s’explique.

Le Nouvel Observateur. - Dans son livre, Pierre Péan vous accuse d’être un "américanolâtre" , un cosmopolite anglo saxon, qui déteste son pays et qui "rêve d’effacer 50 ans de politique étrangère indépendante de la France".
Bernard Kouchner.- Oui, il a écrit "cosmopolite" , ça vous rappelle quelque chose ? Les bras m’en tombent. Cette accusation est grotesque et nauséabonde.

N.O. – Le livre vous reproche notamment d’avoir été favorable à la guerre américaine en Irak..
B. Kouchner.- Je conseille à l’auteur de relire mon article dans Le Monde à l’époque "Non à la guerre, non à Saddam". J’y écrivais très clairement : il ne faut pas suivre les Américains, ils nous mentent sur les armes de destruction massives. Il faut passer par le système des Nations Unies. Amis, alliés, pas alignés ! J’ajoute, si c’est nécessaire, que pendant une bonne partie de l’année qui vient de s’écouler, je me suis ouvertement opposé aux Américains, que ce soit sur le Liban, les relations avec la Syrie, l’entrée de l’Ukraine et de la Georgie dans l’Otan ou la poursuite de la colonisation dans les territoires palestiniens. Comme toute l’Europe, nous soutenons la construction d’un Etat palestinien. C’était le sens de la Conférence de Paris que j’ai organisée. Et c’est à mon initiative que le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 1860 pour le cessez-le-feu à Gaza, tandis que se déployait la médiation du Président de la République dans la région.

N.O.- Une bonne partie du livre est consacrée au Rwanda. Parmi les accusations portées contre vous il y a notamment celle d’avoir imputé le massacre de l’église de Kibagabaga aux hutus alors qu’ils auraient été assassinés par les tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé, présenté comme votre ami…
B. Kouchner.- J’y suis allé et dans bien d’autres endroits dont les images me hantent encore. S’il s’avérait que le FPR est responsable de cette tuerie, bien évidemment je le condamnerais. Mais il y a une chose que je n’admets pas : c’est la thèse du double génocide. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de "massacres de revanche" de la part du FPR ou de groupes tutsis contre les hutus. Mais il n’y a pas eu des deux côtés la même planification, le même systématisme et le même nombre de victimes : 800.000. L’armée française avait été chargée d’entraîner l’armée rwandaise mais j’ai toujours affirmé qu’elle n’avait pas participé au génocide (cf mon article dans la revue Défense nationale). Par ailleurs, sur le plan politique, j’ai dit qu’il y avait eu des erreurs d’analyse mais, soyons clairs, je n’ai jamais pensé que MM. Mitterrand, Balladur, Juppé, Védrine ou Villepin portaient la moindre responsabilité dans ces horreurs.

N.O.- Votre cabinet a-t-il tenté, comme l’affirme Pierre Péan, de faire obstacle à l’enquête du juge Bruguière, sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana qui a déclenché le génocide. Cela dans le but de renouer avec le pouvoir rwandais.
B. Kouchner.- Non, nous n’avons jamais fait obstacle à cette enquête. Les Rwandais nous ont demandé la levée des mandats d’amener émis, avant que nous n’arrivions, par le juge Bruguière contre leurs compatriotes. Nous leur avons dit que ce n’était pas possible. La justice est indépendante. Un groupe de travail composé de juristes a indiqué que, si les Rwandais voulaient avoir accès au dossier, l’un des 9 inculpés au moins devait se rendre à la justice française. Ce que l’ancien directeur du protocole de Kagamé, Rose Kabuye, a fait.

N.O.- Le livre vous accuse aussi de n’avoir pas "réagi avec beaucoup d’ardeur", lorsque vous étiez en charge du Kosovo pour l’ONU aux massacres de Serbes par la majorité albanaise…
B. Kouchner.- Propos scandaleux et mensongers. Rappelez-vous la tuerie de Gracko ! Chaque fois qu’un Serbe a été assassiné, je me suis rendu sur place auprès des familles en dépit du danger que cela représentait. Chaque mort serbe me révoltait. A mon départ, il n’y avait quasiment plus d’assassinats.

N.O.- Passons au rapport que vous avez réalisé pour le compte de Total en Birmanie. Vous y affirmiez que Total n’utilisait pas de travail forcé…
B. Kouchner.- Et je le maintiens. Mon avantage a été d’aller sur place, où personne ne s’était rendu. Lorsqu’après plusieurs jours d’enquête, j’ai vu le fonctionnement des 9 dispensaires créés par Total, j’ai trouvé que ça marchait bien et qu’il fallait que Total élargisse le périmètre de son action en matière de santé. Pour le reste, ma conclusion était que je n’avais pas constaté de travail forcé chez Total. Quant à ma rémunération pour ce rapport je l’ai donnée à trois ONG : Emmaüs, Aide médicale internationale et la Chaîne de l’Espoir.

N.O.- Il est notoire – les envoyés spéciaux du Nouvel Observateur l’ont constaté sur le terrain - que l’armée birmane rafle des gens pour les faire travailler pour son compte. Et qu’elle l’a fait sur le chantier de Total comme ailleurs…
B. Kouchner.- Il est probable que l’armée l’ait fait lors de la construction du chantier. Lorsque je m’y suis rendu, les travailleurs de Total m’ont garanti qu’ils n’employaient pas de travailleurs forcés et que la compagnie avait dédommagé ceux qui l’avaient été et qui ont été retrouvés.

N.O.- Pierre Péan affirme que lorsque vous étiez député européen vous vous êtes fait domicilier à Spérone, en Corse, pour bénéficier de remboursements de frais de transports plus élevés…
B. Kouchner.- Calomnie. J’ai été et je reste domicilié à Paris.

N.O.- Le livre évoque également le risque de conflit d’intérêts entre vous et votre épouse, Christine Ockrent, responsable de l’audiovisuel extérieur de la France…
B. Kouchner.- Ma femme a été nommée directrice, pas par moi, sur ses qualités professionnelles largement reconnues. J’ai aussitôt annoncé que s’il y avait conflit d’intérêt avec Christine Ockrent, c’est moi qui démissionnerais. Et je le répète.

N.O.- Il se trouve cependant que plusieurs collaborateurs de l’Audiovisuel extérieur avec lesquels vous auriez eu des conflits ont été sanctionnés…
B. Kouchner.- Je n’ai jamais été mêlé à aucun licenciement et sanction d’un journaliste de l’audiovisuel extérieur. Et je ne vois pas qui sont ces journalistes.

N.O.- Leurs noms sont pourtant connus : Richard Labévière, Grégoire Deniau, Bertrand Coq et Ulysse Gosset qui a été écarté de France 24 après un accrochage avec vous, à l’antenne…
B. Kouchner. – Il y a eu un seul accrochage. C’était avec Ulysse Gosset. Il a été vif et public, c’est vrai. Mais Ulysse Gosset lui-même a dit dans une interview que je n’y étais pour rien si son contrat n’a pas été renouvelé. Par ailleurs France 24 n’est pas encore sous l’autorité de Christine Ockrent…

N.O.- Venons en aux factures africaines. Les documents qui circulent depuis quelques semaines et qui sont cités par Pierre Péan, montrent que vous avez réalisé, à plusieurs reprises des rapports sur les systèmes de santé pour des Etats africains riches en pétrole et qui ne passent pas, comme le Gabon ou le Congo-Brazzaville, pour des exemples de démocratie.
B. Kouchner.- Mais enfin de quoi m’accuse-t-on ? J’ai toujours agi dans la légalité et la transparence, déclaré mes revenus, payé mes impôts. Je n’ai jamais signé un seul contrat avec un Etat africain. Jamais. J’ai été un des consultants d’une entreprise française – Imeda – dans un domaine que je connais : celui de la médecine et de la santé publique. J’ai travaillé à un projet auquel je tiens : l’assurance maladie pour les africains, qui permettra aux indigents d’être pris en charge. Au Gabon, une loi de janvier 2007, votée à la suite de mon travail qui a duré trois ans, instaure un "régime obligatoire d’Assurance maladie" et j’en suis fier. J’ai aussi travaillé au Nigeria, au Bénin, mais également en Ukraine, en Roumanie, en Pologne. Y-a-t-il quelque chose de choquant qu’un ancien ministre de la santé, qui a fait pendant des dizaines d’années des missions humanitaires pour Médecins sans Frontière - Prix Nobel de la Paix je le rappelle -, Médecins du Monde et bien d’autres sans toucher un centime, rédige des rapports permettant à des pays africains d’améliorer leur système de santé ? Pour ce travail, j’ai été rémunéré à un tarif inférieur à ceux pratiqués, à l’époque, par les consultants de la Banque mondiale ou de l’OMS.

N.O.- C'est-à-dire…
B. Kouchner.- Sur trois ans de travail, j’ai gagné un peu moins de 6000 euros par mois après impôts. BK Conseil et BK Consultants que j’avais créées ont été fermée pour la première et mise en sommeil pour la seconde lorsque j’ai été nommé au Quai d’Orsay.

N.O.- Etait-il normal qu’après votre arrivée au Quai d’Orsay, vous nommiez le patron d’Imeda, Eric Danon, ambassadeur à Monaco et que ce dernier, dès son arrivée en poste, réclame au gouvernement gabonais le versement des 817 000 euros qui restaient dus à sa société et à Africa Steps, société dont l’un des fondateurs a été en 2002 votre futur conseiller de presse [présent lors de cet entretien] Jacques Baudouin ?
B. Kouchner.- Jacques Baudouin et moi avons immédiatement mis un terme à nos activités en arrivant au Quai d’Orsay. Quant à Eric Danon, il est diplomate de carrière, et sur cette question de droit, le comité d’éthique du ministère va se prononcer prochainement.

N.O. - Avez, vous, comme l’affirme Péan, réclamé à Omar Bongo, après votre arrivée au Quai d’Orsay, le paiement des sommes dues à Imeda et Africa Steps?
B. Kouchner.- Encore une façon de jeter le doute ! Je suis venu lui dire que je ne pouvais plus m’occuper du système gabonais d’assurance maladie.

N.O.- Avez-vous l’impression d’être la cible d’une entreprise de déstabilisation ?
B. Kouchner. – Je crois que c’est assez clair.

N.O.- Qui, dans ce cas, est derrière cette entreprise ?
B. Kouchner.- J’ai quelques hypothèses. La première, c’est la jalousie. Dans certains cercles, on n’aime pas la réussite. Pas la mienne en l’occurrence, celle d’un homme qui est resté populaire, hors du gouvernement ou dans le gouvernement qu’il soit de gauche ou de droite. Certains continuent de penser que j’ai abandonné la gauche - bien que je reste social démocrate et que je n’aie pas l’intention d’adhérer à l’UMP. J’agace aussi à droite où certains me trouvent illégitime. Certains réseaux me détestent. Lesquels ? Certainement les nostalgiques des années 30 et 40 et tous les révisionnistes, ceux d’hier et ceux qui, aujourd’hui, réécrivent l’histoire du génocide tutsi au Rwanda.

Propos recueillis par René Backmann et Vincent Jauvert