Kagame veut empêcher Rose Kabuye de revenir devant les juges en France

Kagame pourrait s’opposer au retour en France de Rose Kabuye Print E-mail
By Déo Mungongo   ARI/RNA
Wednesday, 24 June 2009

Kigali: Le Rwanda menace de s’opposer au retour en France de Rose Kabuye, directrice du protocole de l’Etat, où elle a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire dans l'enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana en 1994.

«Nous avons une directrice du protocole [Rose Kabuye, ndlr] qui est ici temporairement. Elle doit faire des va-et-vient entre la France et le Rwanda. Soit elle sera fixée sans tarder sur son cas par le processus judiciaire, soit je serai emmené à prendre mes responsabilités et à décider qu’elle ne retourne plus en France,» a fait savoir le Président rwandais Paul Kagame.  

Une nouvelle qui a enthousiasmé Mme Rose Kabuye présente dans la conférence de presse mensuelle du président Paul Kagame. Ce dernier répondait à un journaliste français qui cherchait à savoir quand est-ce que le Rwanda compte reprendre ses relations diplomatiques avec le Rwanda.  
 


 

Là-dessus, le Chef de l’Etat rwandais a dit qu’il y a deux préalables. Que la France assume ses responsabilités dans le génocide. Il faut aussi que la question des mandats d’arrêt émis par la France contre les officiels rwandais soit discutée.

«Nous ne pouvons pas passer l’éponge sur des problèmes qui existent. Il y a une façon pour résoudre tous ces problèmes.  Ces questions peuvent être mises sur la table. Nous avons besoin d’en parler. Ceci n’a pas encore été fait. J’espère que ça se fera dans un avenir proche. C’est mon souhait», a-t-il déclaré en substance.
 
Rose Kabuye, 47 ans, avait été interpellée le 9 novembre en Allemagne et transférée à Paris où elle avait été mise en examen par le juge antiterroriste Marc Trévidic,-successeur de Jean-Louis Bruguière-, pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.
 
Présentée à un juge des libertés et de la détention (JLD), elle a été laissée en liberté sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de quitter la France sans autorisation.

Elle avait été autorisée à être au Rwanda en décembre dernier pour les fêtes de fin d’année en famille. Depuis, elle est basée à Kigali. Elle ne se rend à Paris qu’une fois invitée par le juge qui instruit son dossier.    

La tension toujours à vif entre Paris et Kigali,-le génocide étant au cœur de la polémique- a atteint son paroxysme avec la sortie en novembre 2006 de l’ordonnance du juge français Jean-Louis Bruguière.  

Dans ses attendus, le juge parisien accuse neuf officiers rwandais d’avoir planifié autour de Paul Kagame l'attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana en 1994 qui mit le feu aux poudres.
 


 

Jean-Louis Bruguière avait alors émis neuf mandats d’arrêt contre les officiers indexés et recommandé l’arrestation et la poursuite de Paul Kagame devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) étant donné l’immunité que la justice française accorde aux Chefs d’Etat en exercice.

Le magistrat français instruisait une plainte déposait par les familles des navigants français morts dans l’avion qui transportait l’ex-président rwandais.

En guise de réaction, Kigali avait pris la décision unilatérale de rompre ses relations bilatérales avec la France qu’il accuse d’instrumentaliser la justice pour escamoter ses responsabilités indéniables dans le génocide. (Fin).